Ruth Ware - Les cinq règles du mensonge

RÈGLE NUMÉRO UN

Dis un mensonge

RÈGLE NUMÉRO DEUX

Ne change pas ta version

RÈGLE NUMÉRO TROIS

Ne te fais pas prendre

RÈGLE NUMÉRO QUATRE

Ne pas se mentir les unes aux autres

RÈGLE NUMÉRO CINQ

Savoir quand cesser de mentir

 

Quand quelqu’un meurt, ce n’est plus un jeu…

 

Mon avis : 

 

Dans la vie, tout le monde ment. Volontairement, par omission, par nécessité, par besoin, par jeu aussi. Pour certains, un mensonge de temps en temps, ce n'est rien. Pour d'autres, impardonnables. Mais pour Kate, Fatima, Thea et Isa, c'est un jeu. Le Jeu. 

 

Elles se rencontrent au lycée, un lycée internat situé en bord de mer, en Angleterre. Le Jeu se mêle à l'alcool, la drogue et les nuits passées dehors, chez le père de Kate qui vit à côté. Toutes les quatre jouent avec les autres, mais ont établi cinq règles à ne jamais franchir. 

 

On les retrouve près de vingt ans après qu'elles aient quitté le lycée. Un SMS reçu de la part de Kate, et toutes se retrouvent au Moulin, la maison de Kate (héritée de son père) avec, en toile de fond, le dîner des anciennes du lycée (100% féminin). Mais ces retrouvailles cache une tout autre réalité. Une réalité qui les rattrape et dont elles essayent de s'échapper. 

 

Même si nous avons quatre héroïnes, tout le roman est écrit selon le point de vue d'Isa : ses souvenirs, ses ressentis, nous avons les émotions brutes, les réflexions d'Isa, alors que pour savoir ce que pensent les autres, nous devons nous contenter des dialogues.  

 

On est d'emblée plongés dans l'histoire car le SMS mystérieux arrive dès les premières pages. On comprend, en filigrane, que nos héroïnes ont quitté le lycée précipitamment qu'un évènement grave s'est produit, que le père de Kate a disparu, etc. Toutes ces infos nous sont distillées et petit à petit, on reconstitue le puzzle afin qu'il prenne forme. Ceci dit, leur retour ne passe pas inaperçu et suscite des bavardages. Si on a l'impression que tout va vite, c'est pour mieux nous remettre en question. Car Isa assemble les faits et réalise que des choses ne collent pas. 

 

"Et peut-être qu'un jour je pourrai faire que ce mensonge devienne une réalité."

 

J'ai aimé l'idée de permettre différents points de vue pour une même situation. Isa et les autres ont souvenir de certains faits, mais avec leurs yeux de leurs dix-sept ans. Avec un regard d'adulte, les choses se perçoivent différemment. C'est un moyen pour l'auteure de nous mener sur des fausses pistes, et de maintenir ainsi son lecteur en haleine. Car oui, on est tenu car on cherche aussi à comprendre ce qu'il s'est passé. 

 

Toutefois, j'ai noté certaines longueurs. Sur peu de pages, fort heureusement - donc on ne décroche pas de l'histoire - mais des longueurs qui ralentissent et cassent parfois un peu le rythme. 

 

Le point fort de ce roman est sans conteste son atmosphère. Pesante et sombre, elle s'apparente presque à un huis-clos lorsque les filles sont au Moulin. Et cela se combine à merveille avec cette amitié dont on ne comprend pas du tout le sens ! On se dit qu'au fond, il y a quelque chose qui les lie, mais on ne perçoit pas quoi et cela vire parfois au malaise. Car oui, on ne peut s'empêcher de se demander pourquoi elles sont restées près de vingt ans sans se voir ni se parler ? Et certaines façons de penser, de parler, comme je le disais, ça peut-être malaisant voire malsain. 

 

Je suis donc partagée sur ce roman. Autant j'ai aimé l'ambiance sombre, autant j'ai trouvé qu'il manquait de rythme et que certains passages étaient mous. 

 

Il reste toutefois une lecture plaisante avec un final à la hauteur de son début : on ment toujours. 

 

Note : 14/20

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