Le corps d'un petit garçon était couché dans la neige lorsque la voiture d'Erlendur est arrivée au pied de l'immeuble de banlieue, en cette fin d'après-midi glaciale de Reykjavik. II avait douze ans, rêvait de forêts, ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande, son grand frère avait du mal à accepter un pays aussi froid.
Le commissaire Erlendur et son équipe n'ont aucun indice et vont explorer tous les préjugés qu'éveille la présence croissante d'émigrés dans une société fermée. Erlendur est pressé de voir cette enquête aboutir, il néglige ses autres affaires, bouscule cette femme qui pleure au téléphone et manque de philosophie lorsque ses enfants s'obstinent à exiger de lui des explications sur sa vie qu'il n'a aucune envie de donner. La résolution surprenante de ce crime ne sortira pas Erlendur de son pessimisme sur ses contemporains.
Dans cet impressionnant dernier roman, Indridason surprend en nous plongeant dans un monde à la Simenon. Il a reçu pour ce livre et pour la troisième fois le prix Clé de Verre du roman noir scandinave.
Mon avis :
Je suis la première surprise, mais ce roman n'est pas le meilleur de la saga. Saga que je n'ai pas lu en totalité, mais si jusque là, tous m'avait séduite, ce volet m'a semblé long.
Un garçon est retrouvé mort, poignardé. Erlendur et son équipe sont sur place mais rien, aucun indice, pas de traces, rien n'indique l'ombre d'un début de piste. Si bien que l'équipe part dans tous les sens, espérant trouver le mobile : crime raciste ? crime lié à la drogue ? crime de vengeance ? crime d'opportunité ?
Pas de sang, pas de scène macabre dans cet opus, mais une atmosphère extrêmement pesante. Si l'opacité de l'ambiance a son charme dans les autres tomes de la saga, dans celui-ci, cette opacité confine à la lassitude. On tourne en rond, honnêtement, et j'ai trouvé dommage que certaines pistes soient bien vite classées pour diverses raisons. En effet, certains points auraient mérité d'être approfondis.
J'ai eu le sentiment de subir le manque de pistes de l’équipe.
Alors, me direz-vous, quels sont les points positifs ? Une fois de plus, l'auteur cible des failles de son pays et dans ce roman, les personnes étrangères à l'Islande sont au premier plan. D'origine asiatique, l'enfant permet à l'auteur de mettre en avant la façon dont sont perçus les étrangers, mais aussi la façon dont ils sont accueillis. L'auteur évoque aussi la misère et la façon dont les jeunes "s'occupent", c'est à dire en dealant (mais ça, ce n'est pas propre à l'Islande). Enfin, dernier point positifs : la vie privée de nos enquêteurs. On en apprend un peu plus sur chacun - sauf Elinborg. Sigurdur est ainsi confronté au désir d'enfant de sa femme stérile et Erlendur voit ses deux enfants s’intéresser à son passé et à la perte de son frère. Cette plongée dans leurs vies privées nous les rend plus humain et montre que derrière le policier taciturne, il y a une histoire.
Un bon roman mais qui n'est pas à la hauteur des autres. On le lit pour avancer dans la saga, pour le point de vue de l'auteur sur un pays froid et dont les failles sont exploitées à l’extrême dans chacun de ses romans, pour se dire qu'on a lu le tome 7 de la saga d'Erlendur.
Note : 12/20
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