Wendy Walker - Emma dans la nuit

Emma, 17 ans, et Cass, 15 ans, sont les sœurs Tanner, devenues tragiquement célèbres depuis leur inexplicable disparition.

Après trois ans d'absence, Cass frappe à la porte de chez ses parents. Elle est seule. Elle raconte comment sa sœur et elle ont été victimes d'un enlèvement puis retenues captives sur une mystérieuse île.
Emma y serait toujours. Mais la psychiatre qui suit cette affaire, le Dr Abigail Winter, doute de sa version des faits et s'intéresse de plus près aux Tanner. Elle finit par découvrir, sous le vernis des apparences, une famille dysfonctionnelle régentée par une mère narcissique.
Que s'est-il réellement passé trois ans auparavant ? Cass dit-elle toute la vérité ?

 

Mon avis : 

 

Un thriller psychologique comme on les aime, même si...

 

Cass et Emma ont disparu sans laisser de traces. Absolument aucune. Rien, pas une piste, pas l'ombre d'un soupçon, rien qui n'indique aux enquêteurs où elles sont. Pendant plus d'un an, l'équipe va chercher et cette absence de réponses va en obséder quelques uns, comme Abigail Winter, la psychiatre, qui, de par son travail de recherches sur les personnes narcissiques, a mis en évidence le portrait de la mère des deux jeunes filles, des conclusions non retenues par les enquêteurs. Donc lorsque Cass réapparaît, trois ans après, c'est le choc et les questions qui se font face. 

 

J'ai beaucoup aimé la trame. Celle-ci était très bien construite. On se doute que l'histoire racontée par Cass possède des parts de mensonges (sans ça, ce roman n'a aucun sens), mais on ne décèle pas de suite quels sont ces mensonges. On suppose, tout au plus. La psychiatre est persuadée que Cass ne dit pas toute la vérité et nous alternons les chapitres via le regard de Cass (écrit au pronom "je") et via la psy (troisième personne du singulier). Cette double voix, bien qu'elle permette de cerner les différents aspects de l'enquête et de la vie des deux jeunes filles, met un frein à la narration puisque nous oscillons entre le "je" et le "elle" si bien que l'immersion est limitée. 

 

J'ai eu du mal avec la lecture en raison de quelques longueurs. Au temps je les comprends puisqu'elles permettent de mettre en lumière le caractère des personnages, au temps elles m'ont semblé très longues malgré cette importance. 

 

Au travers de ce roman, l'auteure met en avant le caractère d'une femme totalement obnubilée par elle-même. Elle aime se sentir aimer, sentir qu'elle est la plus belle femme de la pièce, sentir qu'elle est utile, vitale. Le coté narcissique et la destruction à laquelle il conduit ceux qui côtoient ce type de personne est extrêmement bien retranscrit. On voit l'impact sur les deux jeunes filles mais aussi sur les autres. La façon dont Emma et Cass se construisent, à coups de coups bas, de provocation, dans le but de faire mal, j'ai trouvé cela très bien exprimé. Sans compter que, dès le départ, on comprend que Cass a pour but de faire du mal à sa mère, mais on ne comprend le pourquoi qu'au fur et à mesure de notre lecture et on réalise combien la mère a bousillé ces deux filles. 

 

Un roman très psychologique dont la fin ne surprend pas. On la voit venir. Je retiens la construction de l'histoire qui demeure le point fort et met en exergue une personnalité destructrice.

 

Note : 14/20

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