Jules est daltonien, il confond le rouge et le vert et on rit souvent à ses dépens. On dit même que si le monde va de travers, c'est à cause de gens comme lui, qui voient les couleurs à l'envers...
Une métaphore poétique et émouvante de l'histoire de la déportation.
Mon avis :
Des livres destinés aux enfants, j'en lis un chaque soir à ma fille. Certains se démarquent et possèdent un message, une profondeur, quelque chose qui me donne envie de vous donner mon avis.
L'envers des couleurs fait partie de ces livres. Pourquoi ? Car il parle d'un sujet sérieux mais sans posséder de vocabulaire violent. Ce livre, qui via une métaphore fait référence à la déportation, est destiné à un jeune public, il doit donc être compris par des enfants ayant, 7 ou 8 ans. Plus jeune, on peut le découvrir, mais pas sûr que l'on comprenne vraiment de quoi il est question.
C'est donc l'histoire de Jules, un petit garçon daltonien. Comprenez : différent. La différence peut déranger, on le sait. Arrive cette homme, un dictateur, qui décide de repeindre le monde. Ce dictateur promet aux hommes de leur permettre de voir la vie en rose. Mais voilà, les daltoniens ne peuvent contribuer à rendre le monde rose puisque les couleurs ne sont pas perçues de la même façon pour eux. Ils sont donc envoyés loin, dans un monde en noir et blanc, pour travailler sous l’œil des hommes en kaki. Kaki qui, finalement, sera la couleur dominante pour le dictateur, une couleur qui ne plait pas à tous malgré qu'elle s'étende de plus en plus. Bientôt, certains vont se rebeller...
Ce livre assez court explore la déportation et la raconte aux enfants. La différence, l'autoritarisme, la peur, le travail forcé, tout est raconté (mais tout n'est pas expliqué). Finalement, le message est plus ou moins clair : si le monde va mal, c'est parce qu'il y a des personnes - comme Jules - qui voient les couleurs à l'envers (d'où le titre). Les couleurs sont le point qui cristallise la haine du dictateur et les auteurs jouent sur celles-ci pour rythmer l'histoire. Comme pour insister sur leur importance : voir la vie en rose, avoir une peur bleue, etc. Les couleurs sont la métaphore mise en avant pour raconter un évènement passé.
Les illustrations sont brutes et parfaitement colorées. Le début est vif, pétillant, quand la fin et terne et sombre. Des formes simples qui n'ont pour but, non pas de raconter l'histoire, mais de l'illustrer, les mots se suffisant à eux-mêmes.
Un très beau livre que je conseille à tous !
Note : 19/20
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